Le blog bordélique de Marc Dubuisson, le dessinateur qui ne sait pas dessiner

Blog fermé. Nouveau blog : http://www.marcdubuisson.com

01 mars 2010

La phobie du scénariste

Gracieusement offert par Marc à 21:45 - Journal de bord

Il y a un peu plus d'un mois, je lisais cet article du journal Le Soir à propos du dernier film de Jaco Van Dormael qui décrivait cette difficulté qu'avait le cinéaste de faire des choix sur l'évolution de ses personnages. Je n'ai pas (encore) vu ce film mais la thématique qui m'attirait résidait surtout dans l'article en lui-même.

Si je déteste faire des choix pour ma propre vie, c'est encore plus compliqué pour la vie de mes personnages car finalement, si nous devons chaque jour faire preuve d'un certain fatalisme face aux décisions que nous prenons étant donné l'irréversibilité de nos actes et l'infime marge de manoeuvre qui nous est accordée, il est encore plus difficile de choisir la destiné d'un personnage fictif tant l'infini possibilité des choix que nous offre notre imagination rend l'obligation de choisir une seule route absolument frustrante puisque nous aimerions pouvoir développer nombre de variantes possibles.

Je pense que pour un scénariste, plus que la phobie de la page blanche, c'est surtout la phobie du mauvais choix qui est source d'angoisses car elle peut faire place à d'énormes regrets avec le recul.

Bien souvent, je me retrouve face à des dilemmes pour mes personnages. Telle action serait très drôle mais m'amènerait vite dans l'impasse, tandis que si je lui faisais faire telle autre action, le résultat serait moins percutant mais permettrait telle fantaisie.
Il existe bien quelques pirouettes qui, sous des arrières de prouesses scénaristiques cachent en fait une phobie du choix et une entourloupe visant à s'en débarrasser, mais elles ne sont pas toujours réalisables, cohérentes avec le sujet ou simplement pertinentes.

Par extension, il m'arrive également très souvent d'hésiter sur la façon de traiter un sujet ou un personnage, chaque vision ayant ses qualités et ses défauts. Tout cela m'amène en général à observer une petite pause dans l'écriture du projet, le temps de faire mûrir les ingrédients et d'y revenir un peu plus tard, souvent par hasard, après avoir établi la connexion entre le projet en jachère et un nouveau concept parfois totalement différent.

En fait, j'ai remarqué que très souvent, entre la solution "a" et la solution "b", c'est généralement la solution "c", qu'on n'attendait pas, qu'on n'avait pas vu venir, qui est la plus intéressante car elle est la plupart du temps plus imaginative, plus surprenante et contient dans son essence un peu de "a" et de "b".

Finalement, dans la création comme dans la vraie vie, le choix le plus intéressant est celui qui arrive à mélanger la raison avec une petite dose d'inconscience et d'inconnu.

Commentaires

Poster un commentaire